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Madame et le Porno

Temps de lecture : 5 minutes

Coucou toi.

Aujourd’hui, j’ai dĂ©cidĂ© de te faire un article un peu spĂ©cial (ou pas). J’ai aujourd’hui envie de te parler de mon rapport Ă  la pornographie. Je pense que c’est un sujet que je risque d’avoir un peu de mal Ă  aborder, parce que je n’en ai jamais beaucoup parlĂ© avec Monsieur. Pas par pudeur, mais surtout parce que je n’y ai jamais vraiment pensĂ©, et que j’ai un rapport assez spĂ©cial au sexe en gĂ©nĂ©ral je crois.

Première rencontre avec le porno.

Le premier gars que j’ai frĂ©quentĂ©, j’Ă©tais très jeune, et j’avais dĂ©jĂ  une sexualitĂ© que je croyais active avant mon âge adulte. (les raisons du “que je croyais active” sortiront dans un prochain article, un jour).

Ă€ cette Ă©poque lĂ , mon corps n’Ă©tait mĂŞme pas encore formĂ©, je commençais tout juste les câlins avec quelqu’un d’aussi inexpĂ©rimentĂ© que moi, et je n’avais jamais vu d’images assez salaces comme dans la plupart des pornos. J’Ă©tais un bisounours qui aimait juste se faire prendre n’importe comment, mais en mĂŞme temps un peu princesse qui n’aimait pas les trucs trop kinky.

Un jour, en allant me coucher plus tĂ´t que cet abruti parce que j’Ă©tais crevĂ©e et qu’il avait invitĂ© un pote Ă  lui que je n’avais jamais pu me blairer, je me suis posĂ©e au lit tranquillement et je lui ai empruntĂ© son iPod Touch pour aller sur Facebook avant de m’endormir. Et je suis tombĂ©e nez Ă  nez avec les premières images porno trash que j’ai vues de toute ma vie.

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Les Sensations.

Mes rĂ©actions ont Ă©tĂ© très … mĂ©langĂ©es. Je ne savais pas comment rĂ©agir. J’ai quand mĂŞme continuĂ© Ă  regarder ce qui avait tant pu fasciner ce mec, et c’Ă©tait pas excitant du tout, c’Ă©tait très Ă©coeurant. Des mamies de 70 ans en gang-bang avec de jeunes hommes, des cougars dĂ©gueulasses, des hentai avec des nanas attachĂ©es et des tentacules leur rentrant dans tous les orifices, des orgies assez dĂ©gueulasses… Je me souviens que j’ai Ă©tĂ© choquĂ©e au premier abord. Et Ă©galement Ă©coeurĂ©e de ce que j’avais vue. Je suis passĂ©e par tout un tas de questionnements:

  • Est-ce que je ne lui suffis plus, pour qu’il en arrive Ă  se branler sur de vieilles chattes dĂ©gueulasses?
  • Est-ce que, avec mon corps Ă  peine formĂ©, presque enfantin, je ne devais pas ĂŞtre pour lui un de ces dĂ©lires kink bizarres?
  • Est-ce qu’il ne faut pas ĂŞtre carrĂ©ment psychopathe pour rĂ©ussir Ă  ĂŞtre excitĂ© par ces images?
  • Est-ce qu’il voudrait que je me mette Ă  faire des trucs comme ça?

Avec le recul, je pense que mes rĂ©actions ont Ă©tĂ© celles d’une gamine, pas forcĂ©ment mature, pas forcĂ©ment tolĂ©rante Ă  tous les types de sexualitĂ©s et Ă  tous les fantasmes. Mon avis a bien changĂ© depuis, mais j’y viendrai plus tard.

Toujours Ă©tait-il que j’avais Ă©tĂ© profondĂ©ment choquĂ©e, un peu comme si j’avais vu un film gore pour lequel je n’aurais pas Ă©tĂ© prĂŞte. Ou comme si j’avais vu un chat se faire Ă©craser sur la route. Je m’en souviens comme si c’Ă©tait hier, alors que ça date d’il y a facilement dix ans.

Le lendemain matin, il a eu droit Ă  une crise de nerfs de folle, d’hystĂ©rique, d’une jeune fille complètement paniquĂ©e par tous ces questionnements. Je ne me souviens plus trop de sa rĂ©action, ça date trop. Je me souviens qu’il m’avait promis de ne plus recommencer. J’ai mis du temps Ă  accepter de coucher avec lui de nouveau, le temps de digĂ©rer tout ça.

On ne change pas les gens!

Et finalement, il a toujours recommencĂ©, et Ă  chaque fois j’Ă©tais toujours plus choquĂ©e que la fois prĂ©cĂ©dente. Je me sentais trahie, sale “d’aimer” une personne aussi perverse et malsaine. Je me sentais comme trompĂ©e. Des mensonges de partout pour ne pas assumer qu’il regardait ce genre de choses. Oui, c’Ă©tait en plus un canard qui n’assumait pas. La relation s’est terminĂ©e pour d’autres raisons, mais elle s’est terminĂ©e.

Quelques temps plus tard…

Vu que j’avais Ă©tĂ© très choquĂ©e par les images que j’avais vues, je n’ai jamais voulu en revoir, jusqu’Ă  une fois ou j’Ă©tais seule, quelques annĂ©es plus tard. Je me tripotais, et je n’arrivais pas Ă  l’orgasme. J’ai donc dĂ©cidĂ© de chercher une petite vidĂ©o, pas trash, quelque chose de “doux“, plus “woman-friendly” pour rĂ©ussir Ă  me dĂ©coincer. Et Ă  ma plus grande surprise, j’ai rĂ©ussi.

C’Ă©tait spĂ©cial. Très intense, et en mĂŞme temps, très gĂŞnant. Je me sentais voyeuse, sale, malsaine. Et bizarrement, j’Ă©tais en train de bien kiffer pendant mon tripotage, et directement après l’orgasme j’ai Ă©tĂ© dĂ©goutĂ©e de ce que je voyais. Je pense que ces “chocs” quelques annĂ©es plus tĂ´t ont du me laisser quelques sĂ©quelles.

MĂ J 11 Avril 2018 –  Raison de plus pour faire toujours plus attention Ă  la frĂ©quentation qu’ont vos gosses d’internet en gĂ©nĂ©ral: si moi Ă  mĂŞme pas 18 ans j’ai Ă©tĂ© choquĂ©e par du porno, dites vous que des gamins de 12-13 ans vont sur des sites de cul et peuvent ĂŞtre choquĂ©s, choquer d’autres adolescents plus vulnĂ©rables, et se faire une idĂ©e de la sexualitĂ© complètement erronĂ©e. J’en parlerai dans un prochain article, Ă  propos d’une lecture en cours.

Chose intrigante: jamais cette sorte de dĂ©goĂ»t pour le porno ne m’a impactĂ© lorsque j’Ă©tais camgirl. Je n’ai jamais vraiment compris pourquoi.

Aujourd’hui.

Au jour d’aujourd’hui, que j’ai une relation très saine et que Monsieur est très comprĂ©hensif sur tout ce qui touche Ă  la sexualitĂ©, mon avis a changĂ©. Je pense que j’ai du mĂ»rir.

Je ne pense pas que je serais choquĂ©e si Monsieur en regardait seul, parce que je pense que je saurais diffĂ©rencier un plaisir solitaire, un jardin secret, de la relation de couple. Si on en venait Ă  en regarder tous les deux, je pense que l’expĂ©rience ne me dĂ©rangerait pas: cela permettrait de s’allumer d’une diffĂ©rente façon, d’essayer de nouvelles choses, ou de se moquer de ce que l’on voit tellement c’est pas crĂ©dible.

Evidemment, je pense qu’abuser de ce genre d’images n’est pas bon: comme pour une utilisation trop intensive de certaines drogues par exemple, on peut devenir complètement insensible Ă  ce que l’on voit, et demander Ă  voir toujours plus trash, au risque de ne mĂŞme plus pouvoir ĂŞtre excitĂ© par les choses simples, comme une petite paire de fesses dans une petite culotte, ou un ensemble sexy.

Je ne regarde pas de porno. Ce n’est pas quelque chose qui m’allume. J’ai rĂ©cemment rĂ©essayĂ© en parcourant mon fil Twitter, car je follow quelques comptes plutĂ´t coquins. C’est vrai que certaines images vont m’Ă©moustiller, mais je ne pourrais pas jouir en me tripotant devant des images. Je ne pense pas ĂŞtre très visuelle pour tout ce qui est stimulation.

Je rejoins ce que disait Monsieur Ă  propos de l’utilisation des sextoys seul(e) alors qu’on est en couple:

“Es-tu rĂ©ellement Ă©goĂŻste au point de prĂ©fĂ©rer priver ta/ton partenaire des plaisirs que peut lui procurer tel ou tel jouet/film?
Te mens-tu Ă  toi-mĂŞme au point de croire que si tu avais l’occasion de prendre du plaisir seul tu ne le feras pas ?”

Et toi, oĂą en es-tu avec ton rapport aux images porno?

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